La sélection 2011

Comme, par définition, les livres de notre sélection n’ont pas eu de presse, nous sommes allés fouiner dans les fiches de lecture de leurs éditeurs, dont voici quelques extraits (dont certains signés de plumes prestigieuses de la critique parisienne, faisant probablement là quelques ménages grassement payés).

Sélection 2011 du Prix de l’Inaperçu – Prix Ignatius J. Reilly

Charles Baudelaire, « Les Fleurs du Mal », Poulet-Malassis éditeur

Les Fleurs du Mal« (…) cette sensibilité écorchée-vive à l’imagination foisonnante frôlant le mysticisme jusque dans ses moments les plus prosaïques pâtit malheureusement d’un regrettable relâchement sémantique autant que syntaxique, et surtout d’une fascination malsaine pour le sexe et les diverses formes de pourritures que notre pauvre Terre peut porter. En résumé, j’ai bien kiffé. » (Martin M., écrivain et critique)

 

Albert Camus, « L’étranger », éditions Gallimard

L’étranger« (…) c’est écrit tout plat, on dirait une rédaction d’un élève de CM2 – enfin, au moins de mon temps, parce que maintenant ils ne savent plus écrire qu’en SMS, les gniards – mais enfin la vérité est dite sur la menace que représente l’immigration dans notre belle France au passé culturel si glorieux. Mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : tant qu’on est tous d’accord sur le fait qu’il faut tous qu’ils s’en aillent, je suis d’accord pour en débattre. (…) » (Eric Z., personnalité médiatique)

Chrétien de Troyes, « Lancelot ou le Chevalier à la charrette », éditions Patrimoine d’Oc et d’Oï

Lancelot« (…) Le récit n’est pas sans intérêt, mais il faudrait contacter l’auteur pour voir s’il accepterait une relecture en profondeur par un freelance de chez nous, et pas mal de modifications de style. En l’état, le lecteur sera très vite rebuté par une langue dépassée et beaucoup de mignardises de langage. (…) Et puis, est-ce que vous pensez qu’il accepterait de changer de pseudonyme ? C’est pas trop dans l’air du temps, le provincial religieux. » (Jean-Marc R., éditeur)

Albert Cohen, « Belle du Seigneur », éditions Gallimard

Belle du Seigneur« Au début c’est rigolo, on dirait un peu Extension… mais chez les fonctionnaires et écrit par un gars qui met du style partout, qui fait des belles phrases jusqu’à la nausée. Après, ça devient n’importe quoi, ça roucoule de partout, ils sont tellement niais qu’on a envie qu’ils meurent. D’ailleurs je n’ai pas réussi à le finir, ce truc, j’ai préféré me mater un porno. » (Michel H., pop star)

 

Marc Lévy, « Et si c’était vrai… », éditions Robert Laffont

Et si c'était vrai...« Ça ne marchera jamais, c’est beaucoup trop intellectuel, trop abstrait. Il y a même une histoire de fantôme, personne n’y croira. Et puis les histoires d’amour, c’est so overrated depuis Twilight, limite dépass-man. Faudrait écrire un vrai happy-end, aussi, là c’est sinistre, pas envie que mes clients se suicident. Bref, virez-moi le gars qui a fait rentrer ce manuscrit chez moi. » (Takis C., négatif d’oracle)

 

Sélection 2011 du Prix de l’Inaperçu – Étranger

Jorge Luis Borges, « Fictions », éditions Gallimard

Fictions« Ça se vendra jamais : il paraît que l’auteur est vieux, chiant comme la pluie et ne parle même pas français. Pas envie de plomber mon CA cette année avec cette merde. Excuse, je passe sous un tunnel… Bip. Biiiiiip. Biiiiiiiiiiip. Clic.  » (Gilles C.-S., éditeur pressé)

 

Collectif, « La Bible », éditions du Roi Jean

La Bible« Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de publier cet ouvrage en l’état : c’est visiblement une compilation de nouvelles dépourvues de liant, manquant totalement de visée littéraire commune. Certaines sont très joliment écrites, mais d’autres ressemblent à des textes de loi invraisemblables, ou à des poèmes cryptiques et incompréhensibles. D’autres encore sont très violentes et choquantes (je ne pense pas que le public d’aujourd’hui soit prêt à lire des histoires où l’inceste est courant et la peine de mort largement appliquée, de façon très cruelle). Il est cependant possible d’en extraire quelques textes pour les sortir en format de poche, à prix plancher. Surtout ceux de la dernière partie, Le Nouveau Testament : il y a certainement une place pour eux au rayon « Spiritualités », entre le nouveau Paolo Coelho et une réédition de Jonathan Livingstone le Goëland. » (Kévin L., stagiaire)

 

Homère, « L’Odyssée », éditions de l’Aède Joyeux

L'Odyssée« c tro kool c’te truc, fo en fère un film, mé grav ! Ou 2. Ou pl1. » (Luc B., réalisateur)

 

Jack Kerouac, « Sur la Route », éditions Gallimard

Sur la Route« (…) faut quand même avouer que la vie d’un branleur qui glande pendant six cent pages, ça tombe des mains. Et puis c’est écrit n’importe comment, on dirait que le gars ne s’est jamais relu. Ce qu’il lui faudrait, s’il veut faire de la vraie littérature, c’est un éditeur. Un gars compétent, quoi, genre moi, qui lui explique comment on écrit un vrai livre. » (Eric N., chroniqueur sportif)

 

Léon Tolstoï, « La Guerre et la Paix », éditions Hachette

La Guerre et la Paix« Ce brave Tolstoï a encore pondu une bouse illisible, je me suis arrêtée à la page 30. Aucun réalisme, on n’y croit pas une seconde, pas de tripes, c’est sentimental et has-been. Sur Edistat, on voit bien que les ventes s’écroulent, il est clairement en fin de carrière. Il doit s’en foutre, comme de ses lecteurs : un aristocrate, ça n’a certainement pas besoin de droits d’auteur pour vivre. Encore un qui a plein de potes dans l’édition, ça me dégoute. Alors que mon manuscrit, moi, Je Ne Suis Qu’Un Cri, ils le lisent même pas avant de renvoyer une lettre de refus type. » (une blogueuse anonyme)

3 réponses à La sélection 2011

  1. Cindy S. dit :

    Je suis au regrais de vous dire que come chaque année, vous avez sombrer dans l’élitismse et la pédenterie les plus xtrême. Les livres que vous cité ici n’on aucunes chances d’être lu par le grand publique.
    Enfin, sa ne m’étone pas de vous – bande d’intellectuels prétantieux…

  2. Jf cope dit :

    Naturellement qu’avec une bande de jean-foutres de votre trempe vous contribuez au declin de notre grande nation,phare de toutes les cultures ,enviée de par le monde entier ,grandiose dans ses dessiens genereuse dans son élan intégrateur…Et voila qu’advient un groupouscule d’écervelés de la rive gauche ce condensé de vomissure et de rats puants et visqueux pour ressortir des caves cette putride et vielle littérature d’apratides de plumitifs pour à coups surs corrompre cette belle et dynamique jeunesse de notre mère-patrie ; Laissez tomber ces auteurs en désherence et relisez Dumont,Drossard,Bontemps,Combault,Gantois …..?Que Dieu ne vous bénisse !

  3. Omar dit :

    Tout simplement excellent, j’ai bien ri !

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