Premier des 5 nommés pour le prix Etranger 2015 : Liu Zhenyun pour « Je ne suis pas une garce », aux éditions Gallimard

Liu Zhenyun, "Je ne suis pas une garce", traduit du chinois par Brigitte Guilbaud, éditions Gallimard – Bleu de Chine

Liu Zhenyun, « Je ne suis pas une garce », traduit du chinois par Brigitte Guilbaud, éditions Gallimard – Bleu de Chine

Li Xuelian le claironne : Je ne suis pas une garce, ou si l’on en croit le titre original, pas une Pan Jinlian, l’héroïne infidèle d’un roman classique chinois. S’estimant lésée, elle veut divorcer, enfin, redivorcer de son ex-mari, après s’être remariée, avec lui bien sûr – suivez, un peu – pour une question de dignité, qu’il a bafouée, ce salopard adultérin, si vous le voulez bien Monsieur le Juge … non ? Absurde ?! Bon. Elle ira jusqu’à Pékin s’il le faut. Sa quête de justice et de vengeance lui prendra vingt ans, car il peut être long de faire reconnaître ses droits. L’auteur, Liu Zhenyun, affirme que le roman n’est en rien une allégorie sur la politique de son pays, mais une simple fable… Soit. Poursuivant dans le sillon néoréaliste et caustique qui fit son succès dans Un mot comme en mille, récompensé en 2011 par le principal prix littéraire chinois, le Mao Dun, il dresse un portrait sardonique et critique d’une société chinoise que d’aucuns pourraient décrire comme parfois hypocrite. Ce sont « l’humour et une large dose d’amnésie qui sont les solutions en face des tragédies », indique-t-il en entretien, et c’est bien la recette qu’appliquent les protagonistes de cette aventure paysanne et bureaucratique dont les péripéties caustiques devraient vous faire sourire.

David Vauclair

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