1er des 5 nommés pour le prix de l’Inaperçu 2015 : « L’Infini livre » de Noëlle Revaz, aux éditions Zoé

"L'infini livre" de Noëlle Revaz, aux éditions Zoé

« L’infini livre » de Noëlle Revaz, aux éditions Zoé

Si les ambitions de Google sur le livre pouvaient être poétisées, formalisées, Noëlle Revaz aurait réussi à contraindre cette quête de l’infini des mots dans un réceptacle formel : L’infini livre. Ce continuum uchronique est un tableau abstrait qui laisse voir l’ennui de demain, les erreurs d’aujourd’hui et les quêtes vaines d’hier. Noëlle Revaz est surréaliste à l’époque de la réalité virtuelle, avec le ressassement d’un Péguy pour langue. Imaginez un monde où les livres ne sont qu’une suite de requêtes dans des bases de données, leur narration un secret, la connaissance un recours informatique. Dans ce monde, les livres sont scellés, leur couverture plus importante que leur contenu et leurs auteurs des marques publicitaires. Alors les deux héroïnes de Noëlle Revaz vont vouloir ouvrir le champ des possibles et aller au devant de l’expérience intérieure qu’était la culture, la connaissance. Parce que le livre n’est plus qu’un objet vide qui ne contient rien, Noëlle Revaz remplit d’une performance ironique héritière de Duchamp l’espace de l’objet livre et nous fait rire des éclats du rien sur nos vies.

Abeline Majorel

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