Prix de l’Inaperçu : les résultats (2)

Le Prix de l’Inaperçu – Prix Ignatius J. Reilly 2014 est attribué à Isabelle Sorente pour 180 jours, roman publié aux éditions J.-C. Lattès.

180jours

Qu’en pensait le comité ?

« Il faut avouer qu’on a hésité un moment avant de le sélectionner, celui-là. Non en raison de sa qualité, au contraire. Mais 180 jours, d’Isabelle Sorente, avait quand même eu sa petite presse de la rentrée de septembre 2013. Petite, respectable, mais pas suffisante à nos yeux. Car 180 jours était de toute évidence l’un des plus grands livres de la rentrée française, et que dans le même temps les doubles pages et autres interviews de fond étaient réservées à d’autres. Dans ce remarquable roman, il y a deux portes d’entrée, sans qu’il n’y en est de préférable : celle de l’enquête « de société » d’une part, car c’est bien d’une enquête qu’il s’agit, d’une descente en profondeur et sans rappel dans les arrière-cours fort peu ragoûtantes des producteurs industriels de viande de porc – de la gestation à « l’embarquement » (car ce monde déshumanisé est celui de la lumière artificielle, des processus automatisés et de la litote généralisée) ; et d’une autre part, celle de l’aventure humaine d’un professeur de philo en quête d’un petit peu de sens dans sa vie, et qui va trouver au cours de son voyage au cœur de l’horreur industrielle contemporaine bien davantage qu’il ne l’aurait cru. Réussir un roman aussi magistral à partir d’un sujet aussi peu « glamour » ne semble même pas être un tour de force, tant l’écriture d’Isabelle Sorente est efficace et maîtrisée, ses personnages tangibles et attachants, son récit de bout en bout tendu sur des petits riens qui ne permettent jamais à notre intérêt de se relâcher. On pourrait parler longtemps de 180 jours, ce ne serait jamais suffisant. Reste seulement à tout faire pour que ce grand roman humaniste sur la déshumanisation moderne passe encore un peu plus aperçu… (B.F.)
Note du comité du Prix de l’Inaperçu : un certain nombre de blagounettes ont été censurées de cette notice, comme par exemple « de l’art ou du cochon », « tout est bon dans le cochon », « cochon qui se l’écrit » ou encore « l’auteur sait vous mener à bon porc ». Le comité du Prix est en train de réfléchir à une sanction appropriée envers le rédacteur. »

On en parle ailleurs sur le net :

http://www.lacauselitteraire.fr/180-jours-isabelle-sorente

http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/2014/01/romans-francais/180-jours-disabelle-sorente

http://www.usinenouvelle.com/article/180-jours-le-roman-d-une-crise-morale-qui-guette-l-elevage-industriel.N227513

http://www.encres-vagabondes.com/magazine2/sorente.htm

http://michel-terestchenko.blogspot.fr/2013/09/la-lecon-de-vie-disabelle-sorente.html

http://www.unidivers.fr/isabelle-sorente-180-jours-porc-animal-elevage/

http://cafe-powell.com/2013/09/180-jours-la-claque-de-la-rentree/

Cette entrée a été publiée dans Lauréats, avec comme mot(s)-clef(s) , , , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *